Avant de devenir Wonder Woman, Diana, princesse des Amazones, habitait une île paradisiaque mais isolée, et s’entrainait pour devenir une guerrière puissante. Lorsqu’un pilote américain échoue sur l’île et raconte qu’un conflit massif déchire le monde extérieur (la 1ère guerre mondiale), Diana, convaincue de pouvoir mettre fin à cette menace, décide de quitter l’île et participer à cette « guerre pour mettre fin à toutes les guerres ». Luttant aux côtés des hommes, Diana découvrira l’étendue de ses pouvoirs… et sa véritable destinée.

Notre avis : Exit les excès de pessimisme et le sérieux pesant des adaptations de DC Comics par Zack Snyder (ici co-scénariste).
Dans Wonder Woman, The Dark Knight ne sert plus de modèle, il a été remplacé par l’esprit fun de ses concurrents de Marvel, pour mieux faire chavirer le spectateur des multiplexes qui a reçu de façon contradictoire les efforts récents de Warner dans le film de super-héros, Man of Steel, Batman v. Superman ou Suicide Squad.

Esthétiquement, les premiers pas cinématographiques en solo de Wonder Woman conservent toutefois l’empreinte esthétique froide de ses prédécesseurs sans l’emphase mélancolique, voire défaitiste, des récentes adaptations de DC.

Les ambitions de Wonder Woman ont été revues et corrigées. Le drame s’est mué en divertissement romanesque où l’humour est exaltant, sans jamais tomber dans le pataud et la parodie. Toujours charmant, le couple que forment à l’écran Gal Gadot et Chris Pine fonctionne à merveille. Est-ce parce que le super-héros est ici une femme ? En tout cas, n’en déplaise à l’audience mâle habituelle, la romance occupe une place centrale dans ce récit d’aventure peu farouche où les enjeux centrés sur l’amour assumeraient presque jusque dans le cliché la part féminine du film.

Oui, Wonder Woman se bat, mais contre la guerre, pour mieux protéger les plus faibles. Si elle chevauche sa monture comme une fougueuse guerrière, en bonne Amazone qu’elle est, elle fond aussi devant le premier enfant venu et offre son cœur au premier homme qu’elle rencontre. On a vu plus progressiste comme peinture de la femme.

On pense souvent au premier Captain America. Comme dans ce dernier, la trame s’achève à notre époque contemporaine, mais se situe intégralement durant un conflit daté du siècle dernier, en l’occurrence ici la Première Guerre mondiale contre la seconde dans le blockbuster avec Chris Evans. Loin d’être une idée ringarde, cela donne à l’histoire un petit côté désuet, auquel Warner est habitué : Le Roi Arthur, Sherlock Holmes, Tarzan, Les Animaux Fantastiques, Skull : Kong Island… Forcément, faute de nouvelles technologies omniprésentes, les destructions sont moins massives que dans la plupart des blockbusters estivaux (l’assaut porte sur un village belge et non contre des mégalopoles américaines) et c’est tout le film qui est moins spectaculaire. L’action est un peu poussive pour un spectacle de 2h20 et, au vu des effets spéciaux assez flous, on parvient à s’en passer allègrement.

En réduisant Wonder Woman à un pur pop-corn movie qui n’a d’intérêt que dans un cadre collectif de franchise, Warner en a forcément abîmé l’intensité psychologique. Le résultat n’est pas mauvais, mais dans la lignée du tout-venant de chez Marvel : c’est fun, drôle, très sympa. Rien d’autre. La mise en scène de Patty Jenkins (Monster, avec Charlize Theron) est assez illustrative, et aime donner dans le kitsch. Mais il serait vain d’achever ce papier sans évoquer le charisme de l’actrice Gal Gadot. En-dehors de la fadeur des canons de beauté des jeunes actrices américaines de son époque, la comédienne israélienne est l’atout majeur de cette grosse production. Elle impose sa fraîcheur et un sens inné du second degré, avec aisance, à mille lieues de son personnage stoïque dans Batman v. Superman. Cette Wonder Woman convaincante semble être née pour le rôle.
A Star is born. Rien que pour elle…

Wonder Woman – la critique du film
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Élevé au bon grain par des films vus au cinéma comme Le Silence des Agneaux, Jurassic Park, Forrest Gump, La Liste de Schindler, Pulp Fiction ou Les Évadés. Depuis, je n’ai plus quitté la basse-cour !

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