Le Français Campillo, le Russe Zviaguintsev, la Britannique Ramsay, l’Américain Phoenix: présents à la cérémonie de clôture du 70e Festival de Cannes, qui a débuté dimanche à 17H15 GMT (19H15), ils ont toutes les chances de remporter un prix.

L’actrice italienne Monica Bellucci a ouvert la cérémonie, vêtue d’une robe noire scintillante, vers 19H20 (17H20 GMT) face à un parterre de stars.

Le jury, présidé par le cinéaste espagnol Pedro Almodovar, a rendu sa copie à la mi-journée après s’être retiré plusieurs heures dans une villa coupée du monde.

Autour d’Almodovar, le jury est composé de l’acteur américain Will Smith, de sa compatriote Jessica Chastain, de la star chinoise Fan Bingbing, de l’actrice et réalisatrice française Agnès Jaoui, de la cinéaste allemande Maren Ade, du cinéaste sud-coréen Park Chan-Wook, de l’Italien Paolo Sorrentino et du compositeur français Gabriel Yared.

«C’était une journée difficile, les films étaient excellents», a déclaré Chastain au micro de Canal+.

Le cinéaste russe Andreï Zviaguitsev («Faute d’amour»), l’actrice allemande Diane Kruger («In the fade» du germano-turc Fatih Akin), la réalisatrice britannique Lynne Ramsay («You were never really here»), le Français Robin Campillo («120 battements par minute») ont monté les marches peu avant l’ouverture de la cérémonie.

«Je suis très heureux d’être là, mais en même temps j’ai un peu peur d’être envahi par l’émotion», a avoué Campillo.

Fresque sur les années sida

Fresque sur les années Sida en France à travers le combat de l’association Act Up, «120 battements par minute» du Français Robin Campillo et ses acteurs ne devraient pas revenir bredouilles.

Pendant la compétition, le film avait bouleversé la critique et été accueilli avec une certaine unanimité. Il se pose comme un successeur potentiel de Ken Loach, Palme d’Or 2016 pour «Moi, Daniel Blake».

Le Russe Andreï Zviaguintsev devrait également figurer au palmarès. «Je suis là, j’attends», a-t-il dit au micro de Canal+ sur les marches.

Son «Faute d’amour» est un film âpre et étouffant, faisant le portrait d’une société russe déshumanisée à travers la disparition de l’enfant d’un couple moscovite.

Troisième long-métrage dont la présence au palmarès est largement anticipée, «You were never really here» de la Britannique Lynne Ramsay, dévoilé le dernier jour de la compétition.

La réalisatrice relate une histoire de vengeance et d’enfance maltraitée, deux thèmes omniprésents dans la sélection cannoise. Si elle gagnait la récompense suprême, elle serait la deuxième femme dans l’histoire du Festival à la recevoir, après la Néo-Zélandaise Jane Campion («La leçon de piano», 1993).

Prix d’interprétation

Un prix pourrait également être décerné au réalisateur grec Yorgos Lanthimos («La mise à mort du cerf sacré») et au Suédois Ruben Ostlund («The Square»), vus à la montée des marches.

A l’inverse, deux films, produits ou distribués par Netflix, semblent voir leurs chances compromises: «The Meyerowitz Stories», réalisé par l’Américain Noah Baumbach et «Okja» du Sud-Coréen Bong Joon-ho.

Le géant américain de la vidéo en ligne, engagé dans un bras de fer autour du financement du cinéma et de la chronologie des médias, a exclu de les sortir au cinéma. Un choix vertement critiqué par Pedro Almodovar, à l’ouverture du festival, avant que le président du jury ne mette de l’eau dans son vin.

Côté acteurs, les performances de l’Américain Joaquin Phoenix («You were never really here») et du Britannique Robert Pattinson («Good Time» des frères Safdie) ont été saluées. A 86 ans, Jean-Louis Trintignant a ému en grand bourgeois voulant en finir avec la vie dans «Happy end», tandis que le comédien d’origine argentine Nahuel Pérez Biscayart, 31 ans, a marqué les esprits dans «120 battements par minute».

Pour les actrices, Diane Kruger est l’une de celles qui a le plus impressionné. Dans «In the fade» de Fatih Akin, elle interprète une femme meurtrie qui se venge de terroristes. Elle aussi a monté les marches.

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Une salle de ciné, c’est toujours un rendez-vous que ne veut rater pour rien au monde avec son acteur ou son actrice préférée ou fétiche, un endroit où on s’évade, le temps d’une heure et demie, de deux heures ou (bien) plus, où on se fait un film (au sens propre comme figuré).

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