Philippe Falardeau raconte l’histoire vraie de Chuck Wepner, devenu célèbre pour avoir tenu 15 rounds contre Mohammed Ali. Le boxeur a inspiré le personnage de la saga à succès Rocky Balboa.

«Vous me connaissez, mais vous ne savez pas que vous me connaissez», commence Chuck Wepner d’une voix éraillée, formidable Liev Schreiber. La voix off de l’ancien champion poids lourd du New Jersey n’est pas peu fière de rappeler que son combat contre Mohammed Ali a inspiré «uncertain Stallone», le boxeur héros de la célèbre saga desRocky maintes fois oscarisée.

Dans Outsider (le titre The Bleeder était pressenti), son septième long-métrage, le réalisateur québécois Philippe Falardeau s’empare de cette histoire avec maestria et passion pour son «personnage». Il dessine le portrait du «vrai» Rocky, un représentant en alcools qui a résisté pendant 15 rounds face à «l’immense Mohammed Ali», le 24 mars 1975, avant de finalement s’incliner par K.-O. technique. «C’est moins un film sur un boxeur que le décryptage d’un moment de gloire dans un contexte spécifique, les années 70», estime Philippe Falardeau, qui mêle réalité et fiction pour évoquer celui que le public surnommait «Bayonne Bleeder», parce qu’il saignait facilement sur le ring.

Mythologie

Le cinéaste a hésité avant d’accepter de le tourner. Il s’explique: «Cet univers de la boxe dans les années 70 et le New Jersey aux États-Unis me semblait très loin de moi, mais il y a eu quelque chose en moi probablement d’américain qui a eu envie de parler de la mythologie et de l’impact de la célébrité. Celle de Chuck Wepner et celle de Rocky.»

Bien sûr, «tout jeune», Philippe Falardeau avait en tête la série des Rocky Balboa, de Sylvester Stallone, et le Raging Bullde Martin Scorsese. «Je ne les ai pas revus, je ne voulais pas être contaminé par ces films et j’étais un peu intimidé par les mises en scène, notamment celle de Scorsese, dit-il. En revanche, j’ai regardé en boucle le vrai combat de Chuck Wepner avec Mohammed Ali et j’ai revuRequiem pour un champion, de Ralph Nelson, avec Anthony Quinn. Je l’ai montré à Liev Schreiber qui est aussi le producteur d’Outsider

Sylvester Stallone a donné son aval pour le scénario

L’acteur américain qui porte le film sur ses épaules est lui-même boxeur. «Il a pris de vrais coups de poing, raconte Philippe Falardeau. Il était fasciné par le parcours de Chuck Wepner et comme moi soucieux de montrer les pièges de la célébrité, qu’il connaît bien.» De son côté, Sylvester Stallone a donné son aval pour le scénario. Et a prêté la statue qui le représente et à côté de laquelle pose Liev Schreiber pour le film.

Le «vrai», Chuck Wepner, 78 ans, a vu le film «trois fois». «Il aime qu’il y ait un long-métrage sur lui plus que les qualités intrinsèques de l’œuvre, glisse en souriant le réalisateur. C’est un homme charismatique. Il a besoin de beaucoup d’attention et d’amour, mais est également très généreux. C’est un colosse de deux mètres extrêmement lucide. Il est toujours marié à Linda, jouée par Naomi Watts. Il m’appelle régulièrement pour demander de mes nouvelles.»

Dans un avenir proche, Philippe Falardeau change de registre, il aimerait réaliser un film sur la ruée vers l’or.

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Le cinéma est pour moi autant une évasion vers l’extérieur, vers le monde d’hier et de demain, qu’un repli vers l’intérieur, vers ces rêveries intimes et profondes qui façonnent notre moi.

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