La star doit endosser les habits du développeur paranoïaque dans un biopic. Le scénario serait basé sur la relation entre un journaliste du magazine Wired et ce mauvais génie de l’informatique, peu de temps avant que celui-ci ne soit accusé du meurtre de son voisin.

Cela s’appelle le sens du timing. Alors qu’une attaque informatique a touché vendredi dernier près de 150 pays et 200.000 ordinateurs, Johnny Depp vient de signer pour un long-métrage centré sur la vie on ne peut plus dissolue de John McAfee, le créateur de l’antivirus qui porte son nom.

King of the Jungle sera une comédie sombre sur cet informaticien pas comme les autres. Les scénaristes Scott Alexander et Larry Karaszewski se sont inspirés d’un célèbre article du magazine Wired intitulé «John McAfee s’est enfui vers Belize, mais il ne pouvait pas échapper à lui-même». Publié fin 2012, ce portrait racontait le séjour paranoïaque et la folie du bonhomme, coincé dans un État d’Amérique centrale. Ce biopic s’intéressera probablement à la relation entre le journaliste et l’inventeur de l’antivirus, juste avant qu’il ne soit suspecté du meurtre de son voisin fin 2012.

En 2013, l’homme critiquait lui-même son logiciel dans une vidéo intitulée Comment désinstaller McAfee. Dans cet extrait, le développeur s’amuse de sa réputation sulfureuse, entre mises en scène suggestives et consommation de drogue assez fréquente.

En 2014, il en rajoutait une couche sur sa création mal-aimée. Au moment où le logiciel, sur lequel il ne travaille plus depuis 1994, a abandonné son nom de famille au profit de Intel Security, le programmeur s’en est réjoui. Il avait déclaré: «Je suis maintenant éternellement reconnaissant envers Intel de m’avoir libéré de cette terrible association avec le pire des logiciels sur cette planète.»

Coïncidence ou non, les scénaristes du futur King of the Jungle avaient travaillé sur Ed Wood de Tim Burton, dans lequel Johnny Depp tenait le rôle du «réalisateur le plus mauvais de tous les temps».

Rôles de dépravés

Même si nous ne savons pas lequel des deux personnages Johnny Depp incarnera, impossible de ne pas penser que le rôle du créateur cinglé lui irait à merveille. Un vrai rôle de décomposition qui coïncide assez avec l’existence actuelle de la star. Que l’on songe à ses récents tourments dans son divorce avec Amber Heard, ou des révélations récentes qui le prétendaient «ivre et ingérable» sur le tournage de Pirates des Caraïbes 5. Des frasques pas si éloignées de celles du créateur de McAfee.

Si l’on s’ajoute à cela une filmographie pavée de rôles de dépravés, d’hommes aux portes de la folie, comme Raoul Duke dans Las Vegas Parano ou Kemp dans Rhum Express, on se dit alors que le choix de Depp est plutôt habile.

Ces rôles ne sont finalement pas très éloignés de celui de Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes, dont le 5e épisode sortira en salles le 24 mai prochain. L’acteur et toutes les vedettes du tournage étaient d’ailleurs de passage en nos vertes contrées le dimanche 14 mai à Disneyland Paris, comme ils l’avaient fait en Californie en février. Cette opération promotionnelle était pensée comme un véritable retour aux sources, puisque la série trouve son origine dans l’une des attractions des parcs à thèmes Disney.

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j’aime le cinéma de l’intime, celui qui dit ce qu’on ne voit pas et qui se donne à vivre comme une expérience physique, émotionnelle et sensorielle.

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