Natalie Portman, dans le film "Closer". (Gaumont Columbia Tristar Films)

J’ai toujours voulu faire du cinéma. Mais en coulisses.

Et j'ai toujours adoré les cheveux et la coiffure.

Deux voies qui n'ont, en apparence, rien en commun.

J’ai appris un peu par hasard qu’un lycée à côté de chez moi, à quelques minutes de Rouen, proposait la formation de perruquier-posticheur. Beaucoup de réalisateurs et de metteurs en scènes cherchent des perruquiers-posticheurs pour coiffer leurs acteurs. Et si vous êtes à la hauteur, vous pouvez les suivre sur toutes leurs productions, tout au long de leur carrière.

Bac pro perruquier-posticheur

Je me suis inscrite.

Au collège, j’étais une bonne élève, mais je sentais que poursuivre dans un lycée général, clouée sur une chaise, ça allait m’ennuyer. J'étais contente d'avoir trouvé quelque-chose qui allait me plaire.

Quand j'ai parlé de la voie que j'avais choisie à mes amis, ils ne savaient même pas ce que pouvait bien être un "posticheur".

Cette année, je passe un CAP, et en terminale, je ferai le bac pro perruquier-posticheur. Si je décide de ne plus travailler dans le cinéma et d’ouvrir mon salon de coiffure, je ferai un BEP.

Adapter des perruques à un décor

On est neuf dans ma classe.

On continue d’avoir un cursus scolaire avec des cours généralistes : histoire-géo, maths, biologie, français, art appliqué et même du sport.

Mais je découvre tout un ensemble de nouvelles matières, comme des cours de "coiffure historique". On apprend à coiffer une perruque en lui faisant une permanente, par exemple. Prenons la coiffe de Louis XIV : elle est très élaborée, il y a énormément de boucles et de relief.

On nous enseigne aussi à adapter les perruques à un décor : on peut y incorporer des branches d’arbre, des toiles d’araignée…

Et puis on apprend comment ajuster une postiche à une coupe, homme ou dame, et la technique du tressement. Elle permettent de finaliser une perruque juste avant de la crocheter sur la tête avec de petites épingles.

Perruques sur-mesure

Cette formation me permet de travailler avec des personnes qui ont des problèmes capillaires et des pelades, parfois à cause de maladies. On leur fabrique des postiches et des perruques sur-mesure.
En institut capillaire, les personnes qu’on rencontre doivent nous expliquer pourquoi leurs cheveux tombent. Ils nous racontent leur vie, des choses assez personnelles. On construit des relations particulières avec eux, que j'estime privilégiées. J'aime beaucoup cet aspect du travail.

J’ai toujours eu des facilités pour parler avec les gens. Je retrouve ça dans la coiffure.

Les cheveux sont traités, sinon ils meurent

La première étape, quand on fabrique une perruque, c’est de prendre la mesure du crâne pour élaborer un bonnet adapté. On va y implanter les cheveux, un par un.
Le plus souvent, il s’agit de cheveux naturels, qui ont une bonne qualité, mélangés à des synthétiques. Les cheveux qu’on achète ont été traités au préalable. Sinon ils meurent.

Le plus souvent, on préfère le cheveu japonais. C'est le plus malléable. Celui de type afro est de moins bonne qualité, car plus sec et moins résistant.

L’élaboration d’une perruque de qualité demande beaucoup de travail et de bonnes matières premières. Le prix est d'environ 200 euros, voir plus.

Ensuite, celui qui la porte doit avoir une bonne hygiène de vie : on ne lave pas une perruque comme on lave des cheveux. Il faut l’enlever au préalable, la mettre dans de l’eau tiède, mais pas trop chaude. Sinon ça détruit le cheveu. Et pour le brossage, il ne faut surtout pas tirer, sinon on arrache complètement le bonnet et il se déforme.

Des perruques pour les effets spéciaux

Dans le milieu du spectacle ou de l’audiovisuel, on utilise aussi la colorisation. Mais le plus souvent, on a recours à des perruques pour les effets spéciaux.

En regardant un film, le spectateur ne doit pas pouvoir deviner si l’acteur porte une postiche. Toute la difficulté est de fabriquer un bonnet adapté au crane du personnage, et de le camoufler aux racines avec du maquillage.

On ne dirait pas, mais j'ai encore du boulot pour maîtriser toutes les techniques spécifiques à l’art de la perruque et de la postiche. Et je saurai bientôt, j’espère, ce qu’il se passe derrière la caméra, dans les studios.

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Élevé au bon grain par des films vus au cinéma comme Le Silence des Agneaux, Jurassic Park, Forrest Gump, La Liste de Schindler, Pulp Fiction ou Les Évadés. Depuis, je n’ai plus quitté la basse-cour !

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