L’immense cinéaste américain est revenu samedi, lors du festival du film de Tribeca, sur les conditions de réalisation de son film mythique. Selon lui, les studios actuels n’ouvrent plus leurs portes qu’aux sagas et aux films Marvel.

Pour le réalisateur Francis Ford Coppola, le film culte Le Parrain ne pourrait pas être produit aujourd’hui car les studios refuseraient de s’engager dans le projet. «Il n’aurait jamais le feu vert» d’un studio, a-t-il affirmé samedi lors d’une table ronde organisée par le festival du film de Tribeca.

Autour de la table, étaient également présents plusieurs des principaux acteurs du film, notamment Al Pacino, Robert Duvall et James Caan mais aussi Robert De Niro, qui est présent dans le second volet du Parrain. Francis Ford Coppola a ensuite rappelé que le premier volet du Parrain avait coûté 6 millions de dollars et le second «entre 11 et 12» ce qui, nécessiterait, aujourd’hui, l’implication d’un grand studio. «Rien ne reçoit le feu vert sauf si c’est un film dont on va faire plusieurs suites ou un [film inspiré de l’univers de bande dessinée] Marvel», a-t-il lancé.

En décembre 2015, au festival international du film de Marrakech, le cinéaste disait déjà ne pas aimer les blockbusters, et pestait contre le nouveau tournant pris par Hollywood. «Je n’aime pas l’idée qui consiste à penser qu’un film doit donner lieu à une série de films. J’aime que les films soient faits pour des raisons personnelles et non parce qu’il y a de l’argent à se faire. Il faut prendre des risques. Faire un film, ce n’est pas fabriquer du Coca-Cola ou du ketchup», avait-il notamment expliqué.

«Marlon Brando se mettait du papier dans la bouche»

Le réalisateur, deux fois Palme d’or à Cannes pour Conversation secrète et Apocalypse Now, a également évoqué les difficultés rencontrées lors du tournage du Parrain. Avant les premières prises de vues et jusqu’à plusieurs semaines après le début du tournage, la rumeur du remplacement de Francis Ford Coppola n’a cessé de circuler.

Il a également rappelé que le studio Paramount, qui a produit le film, ne voulait pas de Marlon Brando, trop incontrôlable (et finalement Oscar du meilleur premier rôle pour son interprétation de Vito Corleone), pas plus que d’Al Pacino. Il craignait que Marlon Brando ne perturbe le tournage et penchait pour d’autres acteurs qu’Al Pacino pour jouer Michael, le fils de Vito Corleone.

L’acteur légendaire de Sur les quais ou Un Tramway nommé désir a finalement décroché le rôle, après un essai hors norme. Pendant cet essai, Marlon Brando a eu l’idée de se mettre des bouts de papiers dans la bouche pour avoir l’air «d’un bulldog», a raconté Francis Ford Coppola. Il a également pensé, sans indication du réalisateur, à adopter une voix de gorge, devenue célèbre, quasiment un chuchotement.

Au bout de quelques minutes, Marlon Brando répondait au téléphone avec la voix de Don Corleone, se rappelle Francis Ford Coppola. «Il était complètement devenu le personnage», s’est souvenu, avec émerveillement, le réalisateur de 78 ans, qui a reçu trois Oscars en 1973.

mm
Une salle de ciné, c’est toujours un rendez-vous que ne veut rater pour rien au monde avec son acteur ou son actrice préférée ou fétiche, un endroit où on s’évade, le temps d’une heure et demie, de deux heures ou (bien) plus, où on se fait un film (au sens propre comme figuré).

Derniers articles