Noée Abitat joue son premier grand rôle au cinéma dans "Ava" de Léa Mysius. (BAC FILMS)

Pour la toute première fois de ma vie, je vais avoir la chance de présenter un long-métrage durant le célèbre festival du film. Je m’appelle Noée Abita, j’ai 18 ans, je suis lycéenne en terminale littéraire à Paris. Il y a quelques mois, j’ai décroché le premier rôle dans le film de Léa Mysius : "Ava".

C’était la première fois que je jouais. Je n’ai jamais pris de cours de théâtre.

Petite, j’ai toujours rêvé d’être comédienne. Je me voyais jouer dans des films… J’apprenais des répliques par cœur, que je récitais dans ma chambre.

Ça m’a toujours attirée. Je me disais qu’un jour ou l’autre, il faudrait bien que je tente ma chance même si, je me disais que ce ne serait pas réalisable, ni véritablement possible.

"Ava", c’était mon premier casting

Avec Sara, une amie, nous avions un copain qui nous a donné le nom de son agence. Nous y sommes allées, elle nous a proposé un casting directement.

On s’était un peu préparé, mais on n’imaginait pas être prise. On était surtout surexcité. C’était très sympa. On a parlé de nous, de notre vie d’interne, nos goûts. Après l’entretien, on a joué la scène chacune notre tour. J’étais un peu stressée au début, mais très vite plus détendue.

Le film parlant d’une fille qui perd la vue, on m’a bandé les yeux. Léa voulait voir comment je me déplaçais dans l’espace sans aucune vision, comment je touchais le visage de la personne en face de moi pour essayer de m’imprégner de ses traits, sa sensibilité…

Les jours ont passé et je n’ai pas eu de nouvelles pendant une ou deux semaines. Je me disais que c’était plié.

Mes premiers pas devant la caméra

Le tournage du film a duré deux mois, d’août à septembre 2016. C’était génial. Pendant les essais caméra, j’étais très impressionnée. J’avais du mal à faire ce que Léa me demandait. Au fil du temps, ça s’est fait naturellement.

Les deux mois de tournage ont été intenses. Il y avait seulement le week-end pour se reposer. Je suis quasiment sur tous les plans donc je tournais tous les jours de la semaine, je ne pouvais pas être absente.

Il y avait une entente incroyable sur le tournage. L’équipe était gentille et bienveillante, c'est devenue une seconde famille. Une complicité s'est naturellement installée entre nous. Avec Juan Cano, l’un des acteurs principaux, la relation s’est construite fraternellement, sans aucune séduction ni jugement. Avec Laure Calamy – qui joue ma mère –, la relation était différente, mais on s’entendait très bien.

Au retour du tournage, les professeurs sont devenus très difficiles avec moi, j’ai des remarques constamment et la pression s’est accentuée. J’ai hâte de passer mon bac pour que cette situation se finisse.

Je n’ai toujours pas vu le film en entier

À Cannes, ce sera ma première fois. Je n’y suis jamais allée. Je suis très contente mais un peu méfiante.

C’est un sentiment bizarre car j’y vais à la fois pour présenter un film, mais également en tant qu’observatrice, découvrir cet univers et se faire sa propre idée des choses. Finalement, je ne connais pas tellement le monde du cinéma.

Ce qui est sûr, c’est qu’on a un programme très précis. Il y a la projection du film en compétition à la Sem aine, et toutes les interviews avec plein de médias. Je n’ai pas vu la version finale d'"Ava" mais le peu que j’ai vu, j’en suis super contente.

Depuis, j’ai passé d’autres castings, je tourne actuellement dans "Le Grand bain" de Gilles Lellouche.

J’ai un autre rêve…

J’ai vraiment envie d’ouvrir ma propre école, une école avec une autre pédagogie ; on appelle ça une école Steiner. J’espère vraiment pouvoir le faire un jour.

Après le bac, je vais essayer de rentrer dans un conservatoire d’arrondissement pour me préparer au national.

Propos recueillis par Adrien Bonfante

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Élevé au bon grain par des films vus au cinéma comme Le Silence des Agneaux, Jurassic Park, Forrest Gump, La Liste de Schindler, Pulp Fiction ou Les Évadés. Depuis, je n’ai plus quitté la basse-cour !

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