Sélectionné dans la catégorie « Un certain regard », le long métrage kenyan « Rafiki » sera projeté mercredi au Festival de Cannes. Les autorités du Kenya, pays jamais représenté à Cannes, ont censuré le film l’accusant de promouvoir la cause lesbienne.

Adapté d’un roman de l’Ougandaise Monica Arac Nyeko, « Rafiki », qui signifie « ami » en Swahili, raconte une histoire d’amour entre 2 jeunes femmes à Nairobi alors que leurs pères respectifs sont opposants politiques. Un amour interdit aux allures shakespeariennes.

Premier film kenyan à Cannes

L’annonce de la sélection du film à Cannes a d’abord été saluée par les autorités, faisant même la fierté de tout un peuple. Ils y voyaient alors une formidable vitrine pour le cinéma kenyan. Quelques jours plus tard, l’instance de régulation de l’audiovisuel interdisait la diffusion de ce film au Kenya.

Sa réalisatrice, Wanuri Kahiu, pourrait même être emprisonnée si elle en fait la promotion, l’homosexualité étant un crime passible de 14 ans de prison dans le pays, selon une loi qui date de l’époque coloniale.

Dans le silence

Peu de réactions suite à cette décision de censure, car au Kenya on ne descend pas dans la rue pour défendre les droits des gays. Selon le président lui-même, les Kenyans n’ont que faire des droits des homosexuel.le.s.

Wanuri Kahiu dénonce quant à elle la monté de l’homophobie en Afrique de l’Est, rappelant que l’Ouganda, pays voisin, s’apprête à adopter une loi nommée « Tuons les gays ».