Le Festival a été contraint de modifier les règles pour concourir, suite au refus de la plateforme de streaming américaine de sortir en salles ses deux films en compétition. Face à la polémique, un haut responsable de Netflix appelle les festivals de cinéma au changement.

Le directeur des contenus de Netflix Ted Sarandos a déclaré, à Séoul, que Cannes devrait se conformer à sa mission première de «célébrer les arts» sans tenir compte des plateformes. «Historiquement, de nombreux films arrivent au festival de Cannes sans aucune distribution», a-t-il dit lors d’une conférence de presse organisée pour présenter Okja avant sa première sur la Croisette.

Ce projet à 50 millions de dollars, avec Tilda Swinton, sera distribué dans les salles sud-coréennes, américaines et britanniques mais ne sera disponible que sur Netflix dans le reste du monde. Reed Hastings, le patron de Netflix, avait réagi sur son compte Facebook en s’en prenant à «l’ordre établi (qui) serre les rangs contre nous». Il visait «les exploitants qui veulent nous empêcher d’être en compétition à Cannes».

Les plateformes et le cinéma: une cohabitation difficile

Avec près de 100 millions d’utilisateurs, Netflix souhaite que ses films puissent être diffusés en ligne aux 100 millions d’utilisateurs, en même temps que leur sortie en salles. Seulement, en France, la réglementation impose un délai de trois ans après la sortie en salles avant qu’un film soit disponible sur une plateforme. Netflix a refusé de s’engager à distribuer ses deux films en compétition dans les salles françaises.

Face à la polémique, les organisateurs du festival de Cannes ont modifié le règlement pour 2018, imposant une sortie dans les salles françaises pour tout film en compétition. Ce qui exclut potentiellement le géant américain du streaming des futurs festivals.

Les festivals contraints de s’adapter?

Aux yeux de M. Sarandos, les festivals de cinéma seront contraints de s’adapter car de plus en plus de films sont disponibles ailleurs que dans les salles. «Les spectateurs changent, du coup la distribution change, du coup les festivals (…) vont vraisemblablement changer». À l’avenir, nombre de bons films pourraient «arriver (à Cannes) de manière différente», a-t-il dit.

M. Bong, le réalisateur sud-coréen d’Okja, estime qu’il pourrait s’agir d’une difficulté temporaire, le temps pour l’industrie du cinéma de s’adapter à la nouvelle technologie. Il souligne que la télévision n’a pas tué le cinéma. «J’ai vu récemment un film français des années 1960 dans lequel un personnage se lamentait sur le fait que le cinéma était condamné à cause de la télévision. Mais regardez ce qu’il se passe maintenant», a-t-il déclaré. «Aujourd’hui, les gens regardent les films en salle, ou via Blue-Ray, via des téléchargements légaux ou Netflix. Cela fait partie d’un combat pour trouver les meilleures manières de cohabiter.»

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Élevé au bon grain par des films vus au cinéma comme Le Silence des Agneaux, Jurassic Park, Forrest Gump, La Liste de Schindler, Pulp Fiction ou Les Évadés. Depuis, je n’ai plus quitté la basse-cour !

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