Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux vient d’annoncer lors de l’ouverture d’Un certain regard, avec Donbass de Sergei Loznitsa, que la justice autorisait la projection en clôture de L’homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam.

Il a aussi affirmé que le réalisateur serait présent, malgré un accident de santé ce week-end à Londres, qui l’a obligé à être brièvement hospitalisé. « Pas encore mort. Je viens à Cannes » a envoyé comme message Terry Gilliam au Festival de Cannes.

La nouvelle est heureuse pour le cinéaste et ses producteurs, surtout après la mauvaise nouvelle de ce matin: le distributeur américain Amazon Studios venait d’annoncer qu’il se retirait de ses droits de diffusion, après avoir pourtant financé une bonne partie de la production.

Une projection autorisée avec un avertissement préalable

Pourtant le jugement ne fait pas de gagnants ou de perdants. Après tout, c’est un référé qui ne juge pas l’affaire sur le fond. Le jugement indique clairement que le juge des référés ne « dispose pas des pouvoirs pour statuer sur la demande d’autorisation générale de distribution sur le territoire national le 19 mai. » La cour déboute cependant Paulo Branco et sa société Alfama Films « de leur demande d’interdiction de projection du film (…) en séance de clôture » du Festival de Cannes.

Le juge contraint le Festival de diffuser à ses frais préalablement à la projection un message d’avertissement indiquant que la projection du film lors de cette séance « ne préjuge en rien des droits revendiqués par la société Alfama Films productions et Monsieur Paulo Branco sur ce film à l’encontre de Monsieur Terry Gilliam et des producteurs mentionnés au générique, qui font l’objet de procédures judiciaires en cours« . Le jugement pour ces procédures est attendu pour le 15 juin. Enfin pour les dépens (dommages), Paulo Branco recevra 1500 euros des producteurs et du réalisateur.

La distribution du film ni interdite ni validée

Du côté d’Alfama on crie victoire. Pourtant la demande initiale qui a valu ce référé a été rejetée: le film sera bien montré à Cannes. Et ne préjuge en rien le jugement sur le fond du procès encore opposant Gilliam et ses producteurs à Alfama.

Paulo Branco estime « que cette décision lui donnait malgré tout raison sur le fond » puisque « le film peut être projeté mais le festival doit informer tout le monde que cela n’infirme en rien les décisions judiciaires précédentes d’octroyer les droits à Alfama« . Criant victoire, il considère qu’il s’agit  « d’une autorisation exceptionnelle« .

Pour son avocate, « Cette projection constitue un trouble manifestement illicite » même si le tribunal ne reconnaît pas ce trouble. « Ce trouble sera suffisamment réparé pour l’instant » par le carton d’avertissement projeté avant le film.

De son côté Océan films, le distributeur continue de penser qu’il est en droit de distribuer le film dans toute la France le 19 mai, après la décision rendue par la justice française aujourd’hui. »Le distributeur est victime de ce conflit. Nous sommes satisfaits car nous ne sommes pas aujourd’hui sous le coup d’une interdiction de distribution« , a estimé l’avocat de Star Invest Films France, Me Christophe Ayela, dans une déclaration à la presse.

Cependant, on attend que le CNC délivre un visa d’exploitation pour qu’il puisse sortir en salles. Prochain round dans les jours qui suivent.